Eugène vers 1871


Eugène Hausermann, vers 1890


les deux 1/2 soeurs Jeanne  Bastien,Marguerite George et Robert Gervais, déguisés en paysans normands, vers 1893, Cherbourg


Eugène et Marguerite Hausermann,
Robert et Jeanne Gervais, vers 1895, à Ste Marguerite d'Elle


La maison des Hausermann
à Sainte-Marguerite-d'Elle (photo de 1910)


Eugène Hausermann, 
directeur des travaux du port de Rosario,  vers 1908


"Daddy"


"Nanny"


Visite de la famille au chantier du port,
vers 1908


Dans la maison des Hausermann,

à Rosario

Lettres de Nany à Jean et Germaine Hausermann

545 - Lettres de 1927
621 - Lettres de 1928
622 - Lettres de 1929
623 - Lettres de 1930
641 - Lettres de 1931
643 - Lettres de 1932
6531 - Lettres de 1933
6581 - Lettres de 1934
6642 - Lettres de 1935
6721 - Lettres de 1936
6754 - Lettres de 1937
6852 - Lettres de 1938
6901 - Lettres de janv/févr1939
6902 - Lettres de mars/avril/mai1939
6903 - lettres de juin 1939
6904 - Lettres de juil/août 1939
7101 - lettres de sept 39
7102 - Lettres d'oct 39
7103 - Lettres de nov 39
7104 - Lettres de déc 39
7105- Lettres de janv 40
7106 - Lettres de févr 40
7107 - Lettres de mars 40
7108 - Lettres d'avril 40
7109 - Lettres de mai 40
7201 - lettres de juin 40
7202 - Lettres de juil/août/sept 40

Eugène Hausermann,
né le 30.09.1869, le  06.02.1924 à 55 ans 

Marguerite George,
née le 10.05 1874, le  17.02.1941 à 67 ans 

 mes grands-parents maternels

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Eugène Hausermann est né en 1869 à Paris chez ses père et mère, 31, avenue d'Orléans, fils d'un graveur sur pierre d'origine suisse : Rémy Hausermann (page 42) , et de Marie Suter (page 43), fille d'un ébéniste également d'origine suisse. 

Marie Suter était catholique, mais Rémy Hausermann était protestant convaincu et Eugène Hausermann a été élevé dans la religion de son père. 
 

Alice et Eugène Hausermann, vers 1872


Alice et Eugène vers 1874

Eugène est sorti de l'Ecole Centrale de Paris vers 1891 et son premier travail l'a fait entrer dans l'entreprise de Travaux Publics Hersent (page 494) où il a participéà des recherches de charbon en Normandie. Le bassin charbonnier de Littry-la-Mine était alors abandonné (un livre de géologie sur ce bassin, annoté par Eugène Hausermann, a été conservé, relié par Claude).


(détails) Eugène à l'Ecole Centrale, salle 9, il est le 4ème, debout à partir de la gauche, en 1889


(détails)

Comment Eugène a fait la connaissance de Marguerite George, sa future épouse, cela reste incertain, mais dès 1872, les Hausermann et les Weill se connaissaient à Paris (Rémy Hausermann et Charles Weill jr (page 45) avaient été les témoins du mariage d'un frère de Rémy en 1872), et il semble aussi que les parents de Robert Gervais connaissaient Charles Weill Sr.(page 44), le centenaire. En effet, le grand-père de Robert Gervais aurait accompagné Charles Weill Sr. dans ses expéditions commerciales de Paris vers Strasbourg pour la vente de chevaux à l'armée pendant les guerres napoléoniennes.

Quoi qu'il en soit, Eugène a fait la connaissance des deux petites filles de Charles Weill jr., Jeanne Bastien et Marguerite George, installées avec leurs parents à Cherbourg. Il a demandé en mariage Marguerite.

Marguerite était née à Saales, en Alsace, le 10 mai 1874, donc en Allemagne (voir son acte de naissance, sur imprimés encore français, mais avec un tampon allemand). Pour éviter qu'elle soit allemande, ses parents ont alors émigré en France et se sont fixés à Cherbourg. Elle a donc été entièrement élevée en Normandie et on a gardé toute une série de photos de son enfance (page 491).On a aussi son Certificat d'Etudes et son Brevet, tous passés à Chergourg.

Marguerite était, bien sûr, catholique (voir son acte de baptême, en latin, dans l'église Saint Bartholomée de Saales) et le projet de mariage a fait problème, car Rémy Hausermann (page 42), le père d'Eugène, ne voulait pas en entendre parler et il n'y a pas assisté. Il a été célébré pourtant au temple protestant, avec un complément à la sacristie de l'église catholique. 

Eugène Hausermann ("Daddy") était tolérant et ses trois enfants ont été catholiques. Daddy a tenté de remettre en question le baptême catholique du garçon, Jean Hausermann, mais il n'a pas insisté. Nanny pensait que s'il avait vécu plus longtemps, il se serait converti. Il allait à la messe avec la famille. 


Après cette cérémonie du 17 Août 1895 à Cherbourg, le couple s'est installé à Sainte Marguerite d'Elle (près de St Lô), où est né le premier enfant : Suzanne, la future épouse de George Chedal-Anglay ("Tante Suzon"). On a gardé de cette époque normande (page 492) plusieurs photos.


En 1897, Daddy a été envoyé à Toulon pour travailler à la construction de la darse de Missiessy, dans l'Arsenal Militaire. Il était encore jeune ingénieur et n'a
pas dirigé le chantier. Il y est resté peu de temps, sa famille ne l'a pas suivi et il a été nommé à Bizerte en Tunisie, cette fois pour y diriger des travaux. Un certificat de bonne vie et moeurs, daté de Toulon le 16 août 1897, a dû être établi en vue du départ en Tunisie.

La famille, avec la première fille Suzanne, est donc partie en Tunisie (page 493), pour les travaux de l'Arsenal de Sidi Abdallah, à Bizerte, où le jeune ingénieur Hausermann a si bien réussi que la société Hersent l'a envoyé diriger les travaux de Dakar (page 4932) en 1904, puis du port de Rosario (page 4953) en 1905 (Nany a refusé d'abord de partir en Argentine, mais finalement aurait accepté sur l'intervention personnelle de Madame Hildevert Hersent). 

A l'époque, Hersent (page 494) était dirigée par Jean et George Hersent, les deux fils du fondateur Hildevert Hersent (qui avait commencé en poussant la brouette sur les chantiers). On a conservé certaines des correspondances entre Eugène Hausermann et George Hersent, concernant les travaux (page 4953), l'intéressement aux résultats, les conditions de séjour outre mer, la manière, souvent très paternaliste, de conduire les travaux et diriger les hommes.


Entre temps sont nés à Bizerte en 1898, Simone Hausermann (page 39) (la future mère d'Yves) et en 1903, Jean Hausermann ("Totonni" ou "Toutouni"). 

Noter que "Nanny" a attrapé le paludisme à Bizerte et ne s'en est jamais guérie complètement. 

Le séjour à Rosario (page 495) a duré  6/7 ans (1905-1912) entrecoupés d'un retour de 6 mois en France en 1910.

En Argentine, les vacances se passaient au Riachuelo (page 4954, et page 49541) en Uruguay, pendant l'été austral de janvier à mars.

Les Hausermann ont eu  l'occasion de faire 2 grands voyages, à une date incertaine aux chutes de l'Iguazù (page 4951) , et en 1908 au Chili (page 4955) et suivantes les Andes basses vallées (pages 49551), les Andes hautes vallées (pages 49552), le col des Andes (page 49553), les plages du Chili (page 49554), Valparaiso (page 49555), les comptes de Daddy au Chili (page 49556).


C'est lors du voyage vers la France en 1910 (page 496), que sur le bateau - le Ceylan -,  Simone, âgée de 12 ans, a fait connaissance de son futur mari Jean Cordelle (page 39), du même âge. 

Voir les escales à Santos (page 4960),
les escales à Rio (page 4961),
la fin du voyage vers la France en 1910 (page 4962)
,
la Normandie où ils ont cherché une maison à vendre (page 4963)
,
la visite à Saales chez les cousins Alsaciens (page 4964)
,

En 1910, les Hausermann s'étaient enrichis avec ces séjours outre mer, où Eugène était intéressé aux bénéfices du chantier (de 1906 à 1911, il a reçu plus de 600.000 francs-or, soit environ 12 millions de francs de 1990). Ils ont acheté alors  le château de Vierville (page 496). Cette demeure du 17ème siècle avait été la propriété des Le François, les grands parents de Louis Godard, qui l'avait somptueusement meublée, avec des collections exceptionnelles (haute époque portugaise). Sosthène Le François avait été au 19ème siècle ingénieur
aux mines de charbon de Littry et dans des mines au Portugal.
Le château a été d'abord vendu par les héritiers à des marchands de biens (2 successivement vers 1906-1910), qui ont dispersé les collections, avant de revendre le château, à peu près vide, aux Hausermann en 1910. Le grand buffet portugais et le lit à colonnes torsadées, richement sculptés, qui se trouvaient à Saint Laurent au Prieuré provenaient des collections Le François. 


les comptes de Daddy à Montevideo en 1911 (page 4965), lors d'un voyage d'affaires
l'inventaire des caisses pour le retour en France en 1912 (page 4966)


En 1912, les Hausermann sont revenus définitivement d'Argentine (page 496), et ils ont passé  leurs 6 mois de congé à Vierville pour installer le château, encore presque vide, et où s'était installé Rémy Hausermann, retraité, et s'occupant surtout du potager. Les Hausermann ont logé pour quelques mois à l'hôtel de la Plage (celui qui a brûlé récemment au centre du village).
Rémy Hausermann, qui ne s'entendait pas bien avec son fils et sa famille catholique, est parti vivre avec sa fille Marthe Feuillebois en Vendée. 


Les souvenirs photographiques de ces années se trouvent dans les pages 497 pour les années 1914-1916 et 498 pour les années 1916-1920.


Eugène Hausermann a travaillé ensuite comme directeur technique au siège des Hersent, 60 rue de Londres, jusqu'à sa mort en 1924 (page 499).
Il résidait avec sa famille dans un grand appartement loué au 123, rue de Longchamp (16ème arrdt de Paris).
Malade du foie (il mangeait et buvait bien), il faisait tous les ans une cure à Vichy, où il aimait se faire photographier. On a ainsi plusieurs portraits de lui. Sa tombe est au cimetière de Vierville.

Suzanne Hausermann s'est marié en 1917 avec Georges Chedal-Anglay, un ingénieur de Centrale qui travaillait chez les Hersent et était alors à la guerre dans les Vosges. Ils ont eu leurs 2 premiers enfants rapidement: Philippe en 1918 et Jean-Pierre en 1920.

Simone Hausermann s'est marié en 1920 avec Jean Cordelle (voir page 388). Ils ont eu leurs 2 aînés François en 1921 et Michel en 1922.

Après la mort de Daddy,
"Nanny", la grand-mère d'Yves, est resté veuve 17 ans, résidant d'abord 123 rue de Longchamp, puis à partir de 1933 dans un appartement neuf et loué aussi, au 4ème droite du 27 avenue de Lamballe (quartier de Passy à Paris). Le 4ème gauche a été ensuite loué par George et Suzanne Chedal-Anglay, au retour de leur séjour en Grèce.  Voir les années 1921-27, chapitre 50, puis les années 128-39, chapitre 60,

Entre temps, Jean Hausermann, devenu ingénieur des Travaux Publics, est entré chez les Hersent en 1927, s'est marié avec Germaine Saillard en 1929. Ils ont eu leur 1er enfant Jean-Paul en mars 1930 et sont peu après partis en Argentine en 1931 à Rosario, où il ont retrouvé Jean et Simone Cordelle qui y étaient depuis 1928 avec leurs 3 enfants. 


"Nanny" recevait
ses enfants et petits enfants à l'occasion de leurs séjours en France, à Paris et surtout à Vierville pendant les vacance. Les deux gendres et le fils travaillaient pour Hersent, entreprise qui  avait  alors des activités dans le monde entier. Nany écrivait beaucoup à ses 3 enfants. Seules les lettres écrites à Jean Hausermann ont été conservées, je me souviens que notamment Simone Cordelle brûlait systématiquement ces lettres à l'occasion de chaque déménagement. Aujourd'hui la lecturede ces lettres est passionnante et elles ont été partiellemnt transcrites. Voir ci-contre leur classification

Au commencement de la guerre en 1939, les deux gendres Cordelle et Chedal étaient déjà rentrés en France, Jean Hausermann est resté à Rosario. voir les années de guerre chapitre 70

L'hiver 1939-40 s'est passé hors de Paris, évacué de presque toute sa population par peur des bombardements: Nany était à Vierville, les Chedal et les Cordelle à Coutances où le lycée avait attiré les élèves de "prépa" aux grandes Ecoles. 


Pendant l'occupation, les enfants et petits enfants se sont réinstallé à Paris, mais Nanny est resté au château de Vierville, où elle morte en février 1941 (page 499) , peut-être d'un cancer, après avoir souffert de voir la France et sa maison de Vierville occupées par les Allemands, qu'elle n'aimait pas, tradition familiale datant de ses parents alsaciens. 


Nanny était une grand-mère autoritaire, ne badinant pas avec les horaires (repas à 12h30 et 19h30 précise), ni avec la tenue, la propreté et la discipline. Elle s'est imposée auprès des Allemands qui n'ont occupé que très partiellement des chambres au château jusqu'en 1944, et qui la respectait avec peut-être une certaine inquiétude devant son regard sans amènité. 

Brigitte, sa petite fille, 16 ans, s'y trouvait aussi et a raconté ses souvenirs: 

"Sauf au début, où il y avait 14 officiers et leurs ordonnances, la cambuse était dans l'ancienne buanderie et le bois était plein de camions et véhicules militaires. Par ma faute, j'avais oublié de fermer la grille à clé en allant chercher le pain, (et les Allemands étaient entrés). Je vois encore Nany, déjà très malade et en peignoir attendant debout au 1er étage, la canne à la main. Cinq grands officiers montaient au 1er par le grand escalier. Lorsqu'ils sont arrivés à sa hauteur, elle a soulevé sa canne pour les tenir à distance et les a priés de s'arrêter là. Devant son autorité, ils se sont effectivement arrêté pour discuter.
Le  père Dubois, maire de l'époque, avait réussi à éviter l'occupation de la maison jusqu'en juillet 40, mais cela ne pouvait pas durer. A partir de septembre, octobre 40, il n'y avait plus que le colonel et son ordonnance. Vers la fin 41, l'officier, un capitaine a installé la Kommandantur dans la chambre de "Tio Mio", le reste des officiers étant avec le mess au manoir de Than. Cela faisait beaucoup d'allées et venues, mais là encore cela n'a pas duré".
 
 

 
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