Yves & Claude · après 1954

1979-USA et Fred

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1979- Voyage aux USA pour aller voir Frédéric

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 Lettre de Frédéric (à Los Angeles,1746 Robin Road , Orange CA 92668) à Granie (à Dampierre, 51330 Givry en Argonne), 4 septembre 1979

Chère Granie
Voici quelques nouvelles de la lointaine Amérique. En quinze jours, vers le 15 juillet, tous mes projets ont changé. Le déménagement pour la France était déjà parti, quand j’ai eu l’occasion de travailler comme stagiaire à Los Angeles sur les ordinateurs de Fluor. Me voilà donc à Los Angeles pour 3 mois. Après San Francisco, c’est un autre aspect de la Californie qui apparaît. San Francisco c’était impressionnant parce que c’est une ville qui recueille tous ceux qui veulent se refaire une vie et qui ont découvert qu’ils ne s’adaptaient pas dans la partie du monde où ils étaient nés. Ils y avait donc beaucoup d’artistes, d’originaux, de déviants, de dingues et de ratés, mais toujours des gens qui veulent faire leur vie, plutôt que de devoir se laisser porter par elle.

A Los Angeles les gens y émigrent pour l’argent. C’est la ville des autoroutes, construite sur un désert. Quand on fait 200km du Nord au Sud, ou de l’Ouest à l’Est au choix, sur les autoroutes, dans une grosse voiture américaine et la sono à fond, sans sortir de Los Angeles, on n’a pas seulement un aperçu de la région, on comprend ce qu’elle est. Les plages sont chouettes, mais ce n’est pas les petites calanques de Marseille, c’est plutôt les plages du type de celles de Nice. Mon travail n’est pas très intéressant et serait franchement barbant si je n’apprenais pas beaucoup. Il n’y a pas assez de travail, je me demande pourquoi ils ont décidé d’engager un ingénieur.
J’embrasse tout le monde à DampierreF. Cordelle

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Lettre de Frédéric (postée à Oakland, près de San Francisco) à Granie (53, rue du Maréchal Foch à Versailles), vers novembre 1979

Ma chère Granie
C’était un peu comme à Dampierre dans la maison où j’habitais à Los Angeles. Il y avait un jardin potager devant la maison avec carottes, betteraves, petit pois, tomates et roses. Les deux américains avec qui j’habitais étaient très sympas et on bêchait consciencieusement(ou presque)le jardin.
Mais enfin Los Angeles n’est pas aussi bien que San Francisco. A Los Angeles tout le monde vit au rythme de l’homme moderne, en courant après l’argent pour payer ce qu’ils ont acheté à crédit sans réfléchir. Et pourtant ils sont riches. San Francisco c’est nettement mieux, et les gens sont moins gâtés par le climat et plus énergiques.
Ca fait donc 1 mois que je suis en vacances avec plein d’économies après avoir travaillé 3 mois comme architecte naval. Je m’habitue très bien aux vacances et je ne sais pas si c’est heureux ou malheureux. Mais je suis bientôt prêt à voyager en Amérique du Sud.

J’espère que tout va bien dans notre vieille France, que la politique est toujours le grand sujet de conversation, que la « morosité » ne gagne pas tout le monde et qu’on cueille toujours les prunes en secouant les pruniers. Je dis ce dernier point parce que j’ai été avec un copain dans une communauté écologique californienne. Mais le retour à la terre n’était pas tout à fait au point là bas parce qu’il cueillait les prunes comme les cerises, une par une !! L’Europe peut encore apprendre quelque chose à l’Amérique.
Je t’embrasse bien fortF. Cordelle

Frédéric en Equateur, début 1980
Frédéric en Equateur, début 1980

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