1967-68, Strasbourg
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(détails) notre immeuble avenue du Président Edwards, nous étions au dernier étage, avec la terrasse, 5 pièces 130 m2.
un garage au rez de chaussée servait de salle de jeu
, avec sa grande porte ouverte sur le soleil et une cour commune
Strasbourg, vers le 8/7/67
…notre installation est superbe, nous habitons la plus belle maison de Strasbourg, dans le plus beau quartier de Strasbourg. Nous sommes encore un peu débordés par le nombre de choses ne servant à rien que nous avons déménagé d’Hastière. Nous sommes réveillés le matin par les cris de la ménagerie de l’Orangerie, c’est très poétique. Nous viendrons vous retrouver vers la fin du mois…

(détails)
L'Orangerie
Carte de Claude à mes parents
Strasbourg, vers le 30/8/67
Nous découvrons les Vosges, les enfants marchent bien et Renaud s’habitue gentiment à la vie de communauté. La première semaine de Strasbourga étéla semaine de l’installation et du tourisme, et tout était beau et amusant. La salle de jeu d’en bas (en fait le box-garage transformé) est une merveille, paraît-il,pour les aînés (ils y ont installé le train, cela va aussi faire le bonheur de Renaud qui ira y jouer pendant que les frères sont à l’école), et l’Orangerie pleine de séduction pour Renaud…
Lettre de Frédéric à Granie
Strasbourgle lundi 4/9/67
A la messe à la cathédrale de Strasbourg, la messe est dite en latin,
en français et en allemand. L’épître a été dite en Allemand et l’évangile
en français.
Hier j’ai vu atterrir des dizaines deDC8 d’UTA . Près de chez nous il y a un aéroclub, je regarde
les parachutistes qui sont lâchés d’un Dragon, et le largage des
planeurs…
Lettre de Claude
à ses parents
Strasbourg, vers mi septembre 1967
…le merveilleux été plein de soleil
a continué en Alsace jusqu’à aujourd’hui…aussi bien nous sommes allés avec notre pique nique à la
piscine du Rhin – c’est une très joli piscine avec beaucoup d’espaces
verts.
La maison commence à être installée, Renaud et Martin vont au parc
tout seuls la main dans la main. Mais Frédéric et Christophe n’ont
pas un regard pour l’Orangerie, mais sont une grande partie de leur
temps dans cette salle de jeu du bas qui est assez agréable…
Lettre de
Claude à ses parents
Strasbourg, automne 67
…Ici cela va, pas de « perle »
pour m’aider mais je suis un champion de l’organisation, heureusement
sinon je succomberais. Chacun commence à avoir sa vie bien en place.
Yves en voyage d’affaires terriblement souvent. Cette semaine lundi
à Paris (part le matin, rentre le soir)et mardi soir départ pour Cadarache près de Marseille d’où
il revient samedi. Il va presque chaque semaine à Chooz. C’est la
« conférencite » maladie du siècle des cadres, cela absorbe
une partie de leurs forces vives. Mais il paraît que cela se calmera…
Pour moi, je mets Renaud à la « halte des enfants » ,
garderie de 8h à midi ou de 2h à 6h, une ou 2 fois par semaine et
pendant ce temps je fais mes courses et par la suite je ferai sport
ou mondanités en employant ce moyen. J’ai repéré un cours de yoga,
je crois que je vais m’y inscrire.
A ma grande surprise j’ai vu que le cours de Mlle Erb existait toujours !
Il faut que je fasse de la gymnastique.
Nous avons aussi repéré des équipes de jeunes ménages patronnées
par des Dominicains. Samedi nous avons rendez vous avec un Père
pour prendre contact. Je crois que ce doit être intéressant.
Quant aux enfants, Frédéric a la chance de se trouver dans la même
classe (lycée Kléber) et à côté d’un certain Alain Raynal
(le fils du patron direct d’Yves)un garçon bavard et dynamique qui entraîne
Frédéric à la piscine et au tennis. Ainsi ce matin Frédéric partait
à 8 h avec le chauffeur de service de l’EDF et allait faire du sport
avec son camarade. J’ai vu aussi s’il y avait des scouts à la paroisse,
mais les troupes ont l’air très pleines et c’est en attente.
Et j’ai inscrit Frédéric et Christophe à une école de musique qui
les prendra tous lundi en sortant de classe. La méthode est assez
curieuse. Ils apprennent à lire la musique en utilisant uneespèce d’instrument de musique d’étude (c’est une flûte avec
des touches de piano) et
au bout de 6 mois ils choisissent leur instrument (apparemment ce
sera de la guitare ou de la flûte). Tous les instruments leurs sont
prêtés la première année., aussi s’ils n’ont aucune disposition,
il n’y a aucun remord à ce qu’ils abandonnent.
Christophe et Martin iront sans doute aux Louveteaux du collège
(collège Saint Etienne, Strasbourg)
Vous voyez j’ai la fringale d ‘une bonne intégration dans la
vie strasbourgeoise.
Ma vie matérielle est très simplifiée par le parc en face de la
maison (j’y amène Renaud en moyenne 1 heure le matin et 1 heure
l’après midi, et je lis des romans sur un banc ou je marche tranquillement
avec le poulet qui trotte à côté, par mon auto, par les fournisseurs
(boucher et épicier) qui peuvent livrer à domicile, par les navettes
EDF scolaires qui emmènent les enfants à l’école.
J’espère tout de même trouver bientôt une aide. J’ai alerté en vain
plusieurs offices de placement. Quand nous connaîtrons qq personnes
à Strasbourg, ce sera aussi plus facile, par amis d’amis.
Renaud est très gentil, toujours enthousiaste quand il voit des
trains. Il joue au parc dans le sable avec seau et pelle, et il
est très heureux quand je l’emmène à la halte d’enfants, il ne pleure
pas et joue avec les autres enfants. Je suis contente de le voir
si sociable….
PSJ’ai une superbe machine à laver le linge Philips, une merveille qui lave très bien et n’use pas le linge.
Lettre de Claude à ses
parents
Strasbourg, Décembre 1967
Ici tout va bien, je n’arrive pas à trouver de dentiste correct
pour l’appareil de Frédéric et cela m’ennuie…
Lettre de Claude
à ses parents
Strasbourg, vers mai 1968
…Frédéric a fait un peu de grève
(c'est l'époque de mai 68 avec des grèves partout,
et peu de classes) de temps en temps pour aller à la Kibbitzenau
(c’est la piscine), à vrai dire il est temps de changer l’esprit
de l’enseignement – où les enfants sont abrutis par la passivité
et où ils n’ont aucun sens du travail en équipe et de la coopération
amicale avec leur professeur. Je pense qu’il y a belle lurette que
les écoles dites nouvelles auraient pu un peu imposer de leurs méthodes.
Nous sommes à la maison sans Christophe – celui-ci est en classe
de plein air avec le collège Saint Etienne. Nous sommes allés le
voir dimanche car c’était la journée des parents – ceux-ci bien
entendu n’avaient pas le droit d’aller visiter leur rejeton n’importe
quel jour et à n’importe quelle heure de peur de troubler la vie
des écoliers. . Nous sommes arrivés à 800 m d’altitude dans des
Vosges perdues – un grand chalet dans la montagne et les sapins.
Christophe avait une angine et était à l’infirmerie. Il avait l’air
très joyeux car ils étaient 9 dans une jolie chambre et s’il y avait
eu la télévision nous disait Christophe tout le monde se serait
fait porter malade tant c’était agréable d’être entre copains et
de jouer aux cartes et à 1000 autres jeux, et puis la cheftaine
leur lisait des histoires.
Les enfants sont encadrés par leur maîtresse qui leur fait classe
de 8 h à midi et de 6 h à 7 h le soir. Le reste du temps de 1 h
à 6 hce sont des jeunes filles genre cheftaines
qui les amènent promener et organisent les jeux. Un jour sur deux
ils font 10 à 15 km l’après midi et Christophe nous a dit que maintenant
il aimait marcher, quelle métamorphose. Ceci dit, maintenant Christophe
va très bien, il m’a écrit qu’il était guéri.
Pendant ce temps, ce même dimanche Frédéric et Martin étaient de
sortie pour toute la journée avec les scouts et les louveteaux.
Frédéric nous raconte que pendant leurs sorties on s’amuse ferme.
On se couche à 1 h du matin après avoir gratté de la guitare. Il
n’y a plus de chef intouchable, les chefs on les élit et les grands
chefs on les appelle par leur prénom.
Et chez Martin qui de par son caractère prend toujours tout au drame,
c’est aussi la gaieté qui s’impose. Hier jeudi les cheftaines avaient
dit « amenez les patins à roulette et ceux qui ne savent
pas on leur apprendra » Toute la meute est partie en patin à roulette
à 3km de là, les cheftaines poussant et tirant ceux qui ne tenaient
guère en équilibre. Quelle expédition…

Décision qui m'affecte au groupe de Production Thermique
de Valenciennes

Modification, qui m'affecte au Groupe de Production Thermique
de Strasbourg, où je m'installe en fait le 1er juillet
1967
Ce changement est dû au fait que l'exploitation de
la centrale de Chooz est confiée à Strasbourg
au lieu de Valenciennes


























