1965 Hastière, naissance de Renaud
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Lettre
de Claude à ses parents, octobre 1965
Hastière
…Renaud apprend tout doucement
l’art de vivre. Il rie aux éclats et quand je le met dans le jardin
sur une couverture, il fait le tonneau et parcourt ainsi latéralement
de bonnes distances. Il est très gai et c’est vraiment une joie
pour toute la famille de le regarder et de gazouiller avec lui.
Ce petit enfant a maintenant de longues nuits jusqu’à 8h du matin
et il tient presque assis tout seul. Il aime toujours beaucoup se
regarder dans la glace.
Frédéric est toujours dans cette école (le collège Bellevue à
Dinant) où l’on travaille et se cultive. Ce qui est appris et
fait l’est de façon poussée et méthodique. On est assez exigeant
avec les enfants et cela n’a pas fait de mal à Frédéric de récolter
parfois des notes assez minables afin qu’il comprenne qu’on doit
faire les choses à fond. Il n’est pas du tout bourré de travail
le soir, un devoir seulement et parfois une leçon.
Notre gros Christophe est toujours un peu distrait…et Martin est très consciencieux.
Yves est parti à un congrès en Allemagne pour une petite semaine.
Je devais l’accompagner, mais les gardes d’enfant ne se sont pas
très bien arrangées .. et puis dans le fond je suis tellement
« mère » avec Renaud que j’aurais été chagrinée et inquiète
de le laisser….
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Lettre de Claude à Vonette, octobre 1965
Hastière
…la splendeur de cet automne rendrait la terre entière optimiste
et depuisquelques jours
je suis longuement dans mon jardin avec Renaud qui me tient compagnie.
Mais je ne manque pas d’ouvrage, car je suis à la fois nourrice,
institutrice, cuisinière, lessiveuse, lingère, femme de ménage,
avec une aide très précaire qui vient de temps en temps. J’oublie
de dire que je suis aussi jardinière (pour le moment il s’agit de
retourner le potager pour en extirper les pommes de terre) – et
en plus il s’impose que je sois une femme élégante et soignée et
une épouse modèle. Quel travail. Et puis aussi une femme sportive
puisque je me suis remise à la gymnastique et au cheval.
Les enfants vont bien. Frédéric s’est habitué sans fatigue à prendre
le train tous les jours et il mange des « frites » deux
fois par semaine à la cantine ce qui pour lui est le comble du régal.
Mais ce qui me fait tout particulièrement plaisir, c’est que les
études y sont excellentes, et les livres tellement intéressants
que on aurait envie d’être à nouveau écolier.
Christophe et Martin vont toujours à l’école d ‘Hastière – à bicyclette
– car ils ont déclaré que c’était trop loin. Christophe apprend
beaucoup de leçons par cœur et fait ses devoirs consciencieusement.
Quand à Martin il apprend à lire et ce n’est pas si facile que cela.
Mais le plus merveilleux de tous est Renaud, c’est mon sourire et
mon repos….




































