Yves & Claude · après 1954

Mostaganem, 1955, page 11

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Printemps 1955 à Mostaganem,
naissance de Frédéric

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(détails)
(détails) Claude et Frédéric,
2 juin 1955)
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(détails)
(détails) Frédéric

Lettre de Granie à Grand-Père, vers le 4 juin 55, peu après la naissance de Frédéric, Claude est toujours à la clinique Lamur de Mostaganem (extraits)
...Frédéric est un amour de bébé et sa mère une excellente nourrice, qui l'eût cru ? En ce moment je contemple sa petite tête toute noire qui fait des efforts persévérants pour se passer d'un tire-lait qu'on vient de casser.
Il a un peu de jaunisse, mais il mange si bien sa maman qu'il a repris ses bonnes joues rondes. A force de le regarder nous trouvons qu'il a choisi Mme Cordelle sa grand mère pour ressembler à quelqu'un, avec les mains et la bouche de son papa.
Il dort très bien, fait la conversation avec sa maman, il prend déjà 40g par tétée dans sa 4ème journée, qu'en pense la puéricultrice ? (il s'agit de Fanny) Ici la puéricultrice est très bien, le Dr aussi. (l'ennui c'est que je pense qu'elle a gardé encore un petit morceau de délivrance)Elle a mis le pied par terre ce matin.
Les visites commencent à venir. J'ai fait la re connaissance de l'amie de Vonette (je pense qu'il s'agit de Marie Poisson, épouse de l'amiral Géli, qui était à Oran).

....il fait un temps magnifique, mais on ne souffre pas de la chaleur. Le matin je travaille au berceau puisque la mère et l'enfant rentrent jeudi…

…...Je m'entends très bien avec mon gendre, qui comme vous le pensez est très facile à vivre, j'ai sucré la mayonnaise ce matin, c'est un bon public, il l'a trouvée bonne...

(détails)
(détails) Claude et Frédéric avec les Delaporte
Tout le monde admire le prodige, les Delaporte attendent leur premier et regardent comment c'est fait

Les courbes de poids comparées de nos enfants
Les courbes de poids comparées de nos enfants

(détails)
(détails) probablement Yamina, une petite bonne arabe, la fille de Zora, qui nous a rendu bien des services

Frédéric sur la terrasse, fin juin 55
Frédéric sur la terrasse, fin juin 55
Frédéric, juin 55
Frédéric, juin 55

Lettre de Granie à Grand-Père , vers le 18 juin 55

…....la mère et l'enfant se portent toujours bien, Claude commence à se remettre debout pas trop fatiguée, mais elle a moins de lait depuis 2 jours qu'elle trotteet Frédéric n'est pas bien content, il va falloir compléter ses biberons autrement que par de l'eau sucrée.
Il a bien pris puisque le 17ème jour il était passé de 3kg 440 à 3k 680. Hier c'était le grand événement de son baptême, vêtues des vêtements du mariage, (Claude parte la robe de Tandrée), sans invité autre que le sacristain qui remplaçait le parrain (Jean-Paul Hausermann) et moi la marraine (Fanny) , il a reçu le sel, l'eau et les saintes huiles avec sérénité.
Je trouve que la température est délicieuse ici, on est en robe d'été sans sueur ni frisson et je regarde avec étonnement les Algériennes à la messe jouer de l'éventail.
Aujourd'hui dimanche, nous attendons l'ingénieur en chef d'Oran et sa femme qui viennent voir Frédéric. Claude connaît beaucoup de monde, dames bonnes oeuvres, qui sont ici jeunes, délurées, pas province du tout et joliment aimables. Je trouve la ville tout à fait pittoresque avec ces arabes qui ont de l'allure et palabrent, pendant que leurs épouses filent dans la rue comme des fantômes, des enfants et des sacs à provision sur les bras. Il y a des bidonvilles qui feraient l'indignation de l'abbé Pierre. On ne se connaît pas et la propagande doit faire son mal habituel chez ces gens simples et coléreux.
....Je termine ma lettre sur la terrasse très agréable mais très éventée, Frédéric est à mes côtés dans son sac portatif, nous avons bien l'intention de l'emmener à Oran un de ces jours. On ne le baigne pas encore, son nombril n'est pas encore cicatrisé. Je n'arrive pas à vous écrire, Claude me parle sans arrêt : "Si c'est pas un malheur, cet enfant te ressemble, il a ta bouche, ton menton en casse noisette, les yeux bleus (en fait ils seront marrons), la race des Maillet n'est donc pas finie, heureusement, il a de grandes mains, ce sera un efficace etc.."
Vous voyez que nous radotons toujours, mais je vais partir faire un tour et visiter la ville que je ne connais qu'avec un cabas sous le bras, ou pour aller à la messe....

Frédéric et Claude, juin 55
Frédéric et Claude, juin 55

Frédéric, juin 55
Frédéric, juin 55

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