Pauline REIG-ROUGIER


le capitaine ROUGIER et Pauline
en voyage de noces à Rome


la générale ROUGIER



Pauline ROUGER
grand portrait chez Paulette
 
 
Lettre de Pauline Reig à Claude, pour son mariage. Elle était alors très âgée et malade, vivant à Toulouse

 Pauline REIG, née en 1859, 
décédée en 1956, à 97 ans

Epouse de Louis ROUGIER,
et grand-mère de Claude

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Elevée à Port-Vendres, dans la grande maison de la place Castellane, Pauline REIG s’y est mariée à 21 ans, en 1880, à Louis ROUGIER, capitaine du Génie.

(cette maison de la place Castellane est revenue en héritage pour moitié à Pauline. Sa fille Louise qui gérait ces biens familiaux l'a transformée en appartement puis vendue. Plus tard elle est devenue la caserne de gendarmerie de Port-Vendres. Claude et Yves ont vu cette gendarmerie vers 1980, avant sa démolition.

(détails)
Port-Vendres, la maison construite par Michel Reig, maison natale de la grand-mère de Claude, Pauline Reig. A cette époque c'était devenu la caserne des gendarmes. Le sigle "R" était toujours sur le fronton de la prte principale

(détails)


Voyage - pélérinage en 1978 à Port-Vendres, berceau de la famille Vilar-Reig, avec Grannie, Claude et Yves

 




(détails) Le caveau de la famille Reig au cimetière de Port-Vendres

Pauline racontait volontiers ses souvenirs à sa petite-fille Claude.

"Pour ma grand-mère qui fut immobilisée dès 82 ans (elle mourut à 97 ans) par une fracture du col du fémur en 1950, Gerde, où le clan ROUGIER se retrouvait en vacances près de Bagnères-de-Bigorre, dans la maison de Tante Henriette). -
A l’époque, les médecins recommandaient l’immobilité et, bien sûr, la soudure des os se faisait mal et ç’en était fini de pouvoir marcher - elle racontait volontiers ses souvenirs joyeusement, mais quand elle était seule, elle se lamentait tout haut et passait beaucoup de temps à dire son chapelet.
Elle avait gardé son accent catalan, bien qu’il fut plus «chic» de parler "pointu" c'est à dire sans accent,
- comme les Parisiens - . Elle fut élevée au Sacré-Cœur et comprenait le catalan sans l’avoir réellement parlé.

Elle nous racontait sa jeunesse à Port-Vendres. Pour elle il y avait ceux qui avaient de la chance et ceux qui n'en avaient pas. A dire vrai il y avait 11 enfants chez les Reig et chacun avait eu son destin. Elle se rappelait la grande maison de la place Castellane et les mauvais coups qu'ils inventaient, ils étaient montés sur le toit pour sonner la cloche St-Michel et mes amis... en redescendant, quelle raclée ! Et puis surtout il y avait les mariages et on avait eu plus ou moins de chance.

Voilà comment elle avait trouvé « son homme » (car Port-Vendres n'était et n'est qu'une bourgade). Il y avait là une garnison du génie, chargée de construire des forts et de faire une route stratégique - la route de Montlouis - (on ne sait jamais, s'il y avait une guerre avec les Espagnols....), et quelques jeunes officiers - très transplantés bien sûr - . Ces messieurs repéraient les demoiselles qui allaient à la messe, car c’était la grande sortie des jeunes filles bien éduquées. Et Pauline, qui avait eu la fièvre typhoïde, réapparut soudain. On s’étonna dans le milieu militaire de cette demoiselle qu’on n’avait jamais vue, et Louis ROUGIER (capitaine) la demanda en mariage.

Dans 2 lettres, des 11 février et 1er mars 1980, datées de Nice, adressées par Louis Rougier à son frère aîné Félix, il parle de Pauline avec qui il vient de se marier, d'un bal à Nice et de son voyage de noces à Rome. Voir les transcriptions de ces intéressantes lettres.

Nice  11/2/80
Mon cher Félix, Nous venons de passer plus qu’agréablement les 8 jours de carnaval à Nice. Un beau soleil nous a favorisé jusqu’à mardi, malheureusement une ondée qui dure encore a dérangé le dernier jour de la fête ; nous avons assisté au bal du cercle ??? lundi ; après beaucoup d’hésitations, Pauline a vaincu sa timidité et s’est décidée pour me faire plaisir, à m’accompagner au cercle, à la condition expresse que nous n’y resterions que jusqu’à 1 heure du matin ; à 3 heures je ne pouvais la faire sortir et à 5h1/2 du matin elle dansait sa dernière valse.
 
J’ai trouvé ici une agence anglaise qui organise des voyages en Italie, avec billets circulaires et coupons d‘hôtel. Pour la somme de 320F (aller et retour) que je devais dépenser d’après le programme convenu, j’ai un billet circulaire qui me permet d’aller à Gênes, Pise, Rome, Naples, Bologne, Venise, Milan, Turin ; c’est donc cet itinéraire que je suivrai en me pressant un peu plus pour rentrer dans le commencement de mars ; je dépenserai peut-être 2 ou 3 jours de plus, mais je me console en me disant que je n’aurai pas de sitôt l’occasion de faire pareil voyage.
Si tu veux m’écrire, adresse Continental Hôtel à Rome, pour que ta lettre arrive avant mercredi prochain, sinon attends mon retour pour que la correspondance ne me suive pas trop longtemps.
Pauline se porte très bien jusqu’ici, elle se joint à moi pour souhaiter à Thérèse et à toute la famille tout le bonheur que vous ??
Tout à toi        
Louis Rougier

Nice le 1er mars 1880
Mon cher Félix, nous sommes arrivés hier à Nice, menant à grande allure la dernière partie du voyage par Florence, Venise, Milan, nous ne sommes pas trop fatigués, et rentrerons à Port-Vendres, dans de bonnes conditions hygiéniques, car les petites journées que nous ferons pour y arriver nous reposeront complètement.

Nous avons été favorisés par un très beau temps pour faire notre excursion, le beau ciel de l’Italie (et ce n‘est pas un vain mot) nous a inondé de ses beaux rayons, sauf un jour  de pluie à Rome, nous n’avons eu que de belles journées de printemps.

Nous avons fait de notre mieux pour visiter les monuments anciens et modernes les plus intéressants, mais hélas il y en a tant et tant que nous aurions pu facilement consacrer six mois pour bien voir les villes que nous n’avons que parcourues ; nous nous sommes arrêtés surtout à Rome et Naples, une excursion au Vésuve nous a procuré beaucoup de fatigues, le plus beau coup d’œil que l’on puisse rêver ; le volcan est toujours un peu en éruption ; la lave brûlante coule sur le flanc de la montagne, formant un flot de feu assez semblable à une coulée de fonte fondue ; on peut avec un moule qu’un industriel met à la disposition des voyageurs moyennant rétribution faire soi-même une médaille souvenir du volcan.

Le grand cratère vomit assez fort ses flammes et ses vapeurs pour qu’on ne puisse se risquer au sommet, et voir le fond de l’entonnoir, mais on peut s’offrir ce spectacle au petit cratère, en avalant beaucoup de vapeurs sulfureuses et brûlant ses souliers dans les cendres.

Le même jour nous avons visité Pompéi ; les fouilles continuent toujours, mais une grande part de la ville est déjà découverte ; les maisons (ou du moins les murs), les aménagements internes, les peintures sont très bien conservés ; en regardant de près certains détails, on ne peut se figurer que tout cet ensemble date de 18 siècles ; malheureusement on a transporté au musée de Naples toutes les pièces vraiment belles qu’on a découvertes ; il eut été préférable pour le touriste de les voir réunies à Pompei même dans un musée construit à cet effet.

A Rome nous avons pu avoir une audience du pape Léon XIII qui n’en donne pas aussi facilement que son prédécesseur ; les objets emportés ont été bénis tout de même par lui.

Pendant que je fis le voyage Rome Naples et retour, 2 lettres arrivées à Rome ont été renvoyées à Naples, puis retournées à Rome où elles se sont égarées : malgré mes réclamations je ne les ai pas ; j’ai supposé qu’il y en avais une de toi, et une de ma belle-mère ; si je suis dans le vrai, tu me diras sans doute si la tienne contenait des choses intéressantes à connaître.

Tu ne te figures pas les dépenses qu’il y a à faire pour visiter les monuments importants en Italie, on est obligé d’avoir constamment la main à la poche et de donner à chaque minute, aussi mon budget est dépassé de 1000 francs, dis moi dans ta prochaine lettre si tu peux me les fournir contre reçu comme le précédent pour être à niveau au début.

Pauline me charge de te transmettre ses amitiés ainsi qu’à Thérèse et Raphaël, Valentine, Ferdinand et Antoine qu’elle connaîtra plus tard ne doit pas être oublié.

Mes meilleurs souhaits pour tout le monde                            Louis  Rougier

Réponds moi à Port-Vendres, j’y serai le 4
Ci-joint une photographie
(probablement celle qui est reproduite ci-dessus)

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"Le jeune couple habita (à Port-Vendres) une sorte de maison blanche à mi-côte, vers le cimetière (c’était un logement de fonction). Puis ce furent différentes garnisons" : Bellegarde, Batna en Algérie. En 1895, Louis est parti pour 11 ans au Soudan Français (le Mali). Pauline ne l'a pas suivi pas et s'est installé d'abord 5 ans à Port-Vendres, puis en 1900 à Sceaux au 48, rue de Bagneux, où ses enfants pouvaient être scolarisés, le lycée Lakanal pour Maurice, la Légion d’Honneur à Saint-Denis pour les filles Louise et Lucie pensionnaires).

En 1906, ils se sont réuni à nouveau à Montpellier, puis à Versailles. " Montpellier pour mon père (il avait 13 ans) fut un souvenir merveilleux. Son père était déjà général, il revenait du Soudan. C'est là qu'il eut ses vrais amis, Pons, Sagols, Prangé."


" Grand Mère disait: "et pour le 7ème, je pleurais, je pleurais" - il s'agissait du benjamin Maurice, né 12 ans après l'aîné Félix. On se représente mal aujourd'hui ce qu'était pour une femme de nombreuses maternités"

Pauline est devenu veuve à 52 ans, en 1910, quelques mois après le mariage de sa fille Lucie. De Versailles où l'on menait assez grand train (mon grand père était commandant d'armes de la ville), elle a quitté alors le bel appartement de fonction de son général de mari, au 41 rue d’Angivilliers, et s’est installé plus simplement à Paris, rue Sarrette, près de la Porte d’Orléans, Louise à la Légion d'honneur, Maurice au lycée Lakanal. Louise s'est mariée en 1916. Bientôt Lucie a divorcé et l'a rejointe, ainsi que Maurice à son retour du Maroc (1921) jusqu’en 1927, date de son mariage.

En 1927, elle s'est repliée avec Lucie et sa petite Paulette à Toulouse, où elle s'est fixé jusqu'à sa mort, soignée par sa fille Lucie.

A l’époque où elle était valide, elle est venue voir Maurice et sa famille (Claude s’en souvient), assez longuement à Dijon, puis à Bourg-en-Bresse. Elle était devenue une vieille dame très sourde, voûtée, avec de terribles rhumatismes dans les pieds. Claude et moi avons été la voir à Toulouse, en partant nous embarquer pour l'Algérie en octobre 54.

Sa tombe est à Lyon, au cimetière de St.-Cyr-au-Mont-d’Or, avec son époux et les familles de Félix et Henri ROUGIER et leurs descendants.
 
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