7503
Simone (à Vierville), à Jean Cordelle (à Paris ou à Condé), 19 août
1946
19 août 46
Mon Jean,
………………………Nous avons été ce matin, les
Tonny et moi, à l’enterrement du jeune Saillard, qui était ma foi très
touchant. Tout le village était là, je crois bien.
En rentrant il a fallu en mettre un coup pour l’arrivée des Boudier,
car nous n’avons toujours pas Eugénie, qui ne reviendra que mercredi.
Cette brave fille nous aura manqué juste les 3 jours où nous avons le
plus besoin d’elle ! .. avec Marthe invalide... Avec celales Boudier se sont amenés avec leur petite dernière, un bébé
d’un an, bien mignon et sage, mais à qui il a fallu faire une bouillie
à midi ½, organiser un lit, etc.., ces braves gens auraient pu prévenir.
Totoni ne paraissait pas très content. Enfin la gosse dort, j’ai laissé
les Totony faire faire le tour du propriétaire à leurs amis et je viens
t’écrire…………..
Tu me manques bien, et ces derniers jours dans la vieille maison sont un peu mélancoliques, je ne suis plus « chez moi » , je laisse Germaine recevoir ses amis, ainsi que Totoni, ils sont maîtres de maison et c’est tout naturel, mais cela ne va pas sans une certaine tristesse. Il fallait pourtant bien en arriver là un jour, je le savais, mais l’échéance nous surprend toujours…………….
………………
________________________________________________
Simone (à Vierville), à Jean Cordelle (à Paris ou à Condé), 21 août 1946
Mercredi 21 août
Mon Jean,
…….Tout va bien ici, les Boudier sont
partis hier après midi, et Eugénie est revenue ce matin. La maison est
donc au calme……
Jean et les enfants (Jean-Paul, Jean-Louis et Yves probablement)
. Yves qui a été assez fatigué le lendemain de son avant dernière piqûre
(un vaccin anti furoncle je crois me souvenir), a repris sa bonne
mine. Je lui fais sa dernière demain et j’espère qu’ensuite il aura
tout le mois de septembre pour bien se retaper. La brave Tatou m’a promis
de s’en occuper tout particulièrement, et je puis être tranquille de
ce côté là. La brave fille est toute mélancolique aussi de quitter la
maison, voilà 21 ans qu’elle était avec nous, c’est un bail…….
J’ai commencé un peu hier à ranger dans notre pièce là haut, et je continuerai
et terminerai ces jours-ci. De même que je vais mettre à jour les listes
faites assez vite par Suzon.
Nous avons réinstallé avec Jean les boiseries de la bibliothèque, la
pièce est plus en ordre ainsi, et Yves qui a mis l’électricité dans
les WC, l’installe maintenant dans l’escalier. Ce sera une bonne amélioration.
…………. Vendredi j’irai peut-être chez les Brunville avec les Totoni, la bécane me fait faire la grimace, surtout une bécane d’homme, j’ai peur de dégringoler, mais ils auraient peut-être l’idée de me faire visiter ?……………..
________________________________________________________
Simone (à Vierville), à Jean Cordelle (à Condé), 22 août 1946
22 août 46
Mon Jean,
Je pense que ce petit mot t’arrivera
encore à Condé avant ton départ, la poste remarche normalement, et j’ai
eu ce matin ta lettre d’hier 21.
Je t’écris surtout au sujet de Perrin, Leterrier, qui a vu Jean hier,
demande si tu pourrais savoir à quelle date l’entreprise viendra s’installer
ici ? Il donne comme raison que c’est au sujet des terrains et
logements à lui attribuer, mais je pense aussi qu’il est très pressé
de voir commencer. Enfin, je fais la commission.
(peut-être s’agit-il de l’entreprise qui devait prolonger la digue jusqu’à St-Laurent ?? je crois me souvenir que ces travaux ont été lancés très rapidement, la route côtière étant menacée par la mer depuis que les Américains avaient retirés tous les galets pour empierrer leurs routes)
(PS) au courrier ce matin, les 25 m2 de vitres. Jean va voir Leterrier au sujetdu moyen de se les procurer, et au besoin te téléphonera demain puisque tu seras samedi à Bayeux.
____________________________________________________