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Ci-dessous, la lettre écrite de Rosario par Toutouni (Jean Hausermann) début 42, parlant de la maladie de Jean-Paul (typhoïde) et du déménagement vers Buenos-Aires.
Mais avant, ci-contre un portrait de Jean Hausermann réalisé le 12 février 1941 chez un grand photographe de BuenosAires, dédié à Nany, mais qui n'a pu lui parvenir avant sa mort à Vierville le 17 février 1941.

 

 

 

 


Jean Hausermann
12 février 1941

 

Lettre de 1942

Jean Hausermann à Rosario, à Jean Cordelle, au bureau Hersent du Blanc, en zone libre

 

Rosario, le 20 février 1942,

 

Mon cher Jean,

 

Je reçois maintenant seulement ta lettre du 24 novembre (1941, elle aura donc mis 3 mois, elle n’a pas été conservée), avec celle de François du 24 janvier (1942, écrite depuis l’école Polytechnique à Lyon, en zone libre). Nous avons été longtemps sans nouvelles de vous et avons été heureux de savoir François hors d’affaires. Nous avons été de notre côté bien inquiets avec Jean-Paul, qui a amené sa fièvre typhoïde de Rosario, puisque la fièvre a commencé 3 jours après notre arrivée. Pendant qu’il était encore transportable, je l’ai emmené en voiture ambulance à Montevideo, dans une clinique où il a été bien soigné, et depuis 1 mois nous avons vécu de vilains moments ; comme je le disais hier à François auquel je répondais, JP entrera en convalescence la semaine prochaine et nous pourrons nous considérer heureux s’il n’y a pas de complications. Le petit n’est plus qu’un fil et a grandi encore. Lorsqu’il pourra faire le voyage en auto jusqu’à Riachuelo je laisserais les miens tout le mois de mars dans ce joli coin qui les fera se remettre ; de plus il fait très chaud et les villes sont une fournaise.

Je suis heureux que tu ai touché la transférence (??), car les télégrammes que je t’ai envoyé de Montevideo me sont revenu avec la mention « inconnu ». Tes affaires sont en ordre, je t’en ferai tenir un relevé quand j’aurai un peu de temps à moi, car tu penses bien que le travail s’accumule ici pendant mes absences et la petite chaleur humide que tu connais n’est pas précisément excitante. Je suis ennuyé d’ailleurs avec la santé de Cerisier que j’ai fait interner avec une vilaine affaire aux reins en perspective : probablement l’ablation du rein gauche ; je m’occupe de lui personnellement car sa femme est effondrée et ………

 

J’enverrai à Mr Matuszek la réponse à la demande contenue dans ta lettre du 13 novembre, avec le relevé dont je te parle plus haut.

A part cela ici cela va, ce pays est extraordinairement à l’abri des contingences mondiales actuelles et ne se rend pas compte de son bonheur : nous faisons toujours de la politique électorale. La concession du Port tire à sa fin et on va bientôt nous mettre dehors (la Société du Port du Rosario, filiale de Hersent, cotée en Bourse, était concessionnaire de l’exploitation du port de Rosario depuis une quarantaine d’années, elle vient légalement à  son terme et les Argentins ne la renouvelleront pas, les Hersent n’ont donc plus de raison de rester à Rosario) . Je prépare les quartiers de PUMA (PUMA ARGENTINA, l’entreprise de travaux PUblics et MAritimes de Hersent en Argentine), à Buenos-Aires, où je pensais être en mars, mais la maladie du petit a retardé mes projets. Le chantier de Rio Santiago embraye bien et j’ai bon espoir pour les 2000 tonnes de fer venant de Nord-Amérique. Nous faisons heureusement un travail urgent pour la Défense Nationale ;
Entendu pour une photo, mais vous nous trouverez bien changés, en ce qui me concerne je suis chauve et bedonnant. A ce propos nous allons raser Jean-Paul, qui n’est pas tout à fait d’accord.
Nous nous réunissons pour vous embrasser tous bien affectueusement, 

  Jean

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