Séjour de Jean-Pierre, François et Michel
dans les Pyrénées en été 1940

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        L'invasion allemande est survenue brutalement au printemps 1940 et a surpris tout le monde. Le 17 juin, les voitures et les chars de la 7ème division Panzer de Rommel ont traversé Coutances en venant du Sud, poursuivant les anglais qui roulaient quelques heures plus tôt, à toute allure pour se rembarquer à Cherbourg. Il n'y avait plus d'armée française. De Gaulle est passé assez inaperçu au début. L'armistice de Pétain était un peu un soulagement désespéré. Tout avait été préparé, bagages, voitures pour fuir au matin du 18 juin. Mais le 18 c'était trop tard et dans l'inquiétude, les trois grands garçons sont partis à pied pour échapper aux Allemands et essayer de trouver un embarquement pour l'Angleterre.

Souvenirs de François :

"Fin mai 1940, en pleine débâcle, Maman nous a accompagnés, Jean-Pierre et moi, au Mans, en voiture, pour passer l'écrit de Centrale; l'oral a été supprimé, et nous avons été tous deux reçus.

Quand les allemands sont passés à Coutances en direction de Cherbourg, cela a mis fin au projet de départ vers le sud, prévu, et les voitures déjà chargées, pour le lendemain. Par contre, le soir même, Jean-Pierre, Michel et moi, partions avec un sac sur le dos, pour tenter d'échapper aux allemands, vers le sud. Nous avons fait près de 50 km. dans la nuit, le plus discrètement possible, pour apprendre à Avranches que les allemands étaient, eux, déjà bien au delà . Nous sommes donc rentrés, et nous nous sommes installés, avec Michel Vincent, à Agon, dans la maison des Dupuis.

Quand on a appris, début juillet, que l'oral de l'X se passait à Toulouse au fur et à mesure de l'arrivée des candidats, nous sommes partis, Jean-Pierre, Michel et moi, et avons été accueillis par les Matuszek, camarade de Papa du lycée Henri IV , après un voyage de trois jours et trois nuits (avec arrêt chaque nuit par crainte de bombardements, dans les gares de triage !! ).
  (les contrôles interzones occupées et non occupées n'étaient pas encore en place, il suffisait de prendre le train, mais le jour d'arrivée était inconnu)

Ensuite, ne sachant pas ni où, ni quand, ni comment les lycées ou écoles allaient reprendre, Matuszek nous a envoyés tous trois, plus son fils aîné Jean, sur un de ses chantiers (il était patron de la Société Pyrénéenne d'Energie Electrique); c'est ainsi que nous avons fait de la topographie pendant le mois d'août à Monlédier, tout près de Mazamet, avec comme patron Mr.Arnoulin qui nous a initiés au métier ...et que j'ai touché mon premier salaire.

Les choses ne s'étant pas clarifiées pour la rentrée, Matuszek nous a envoyés au barrage de Naguilles (centrale d'Orlu, près d'Ax-les Thermes), où nous avons découvert, avec le garde-barrage (que l'on nommait Cacahouète) les Pyrénées aux confins de la France, l'Espagne et l'Andorre, la pêche à la truite dans le barrage, la poursuite des isards, le pic Daniel, le lac des Bouillous, et un très belle région.

Enfin, fin septembre, le rapatriement des étudiants vers Paris était "organisé", et nous sommes rentrés (à noter que ce retour par train, en wagons à bestiaux, nous a conduit, à partir de la gare Matabiau, en deux heures à une autre gare de Toulouse, que nous avons eu la surprise de voir la mer à droite (nous arrivions à Sète), puis, après deux jours et deux nuits, nous sommes arrivés à Paris par la gare du Nord !! ); pour une rentrée des classes début octobre.


Voici toute une série de photos prises par François et Michel dans les Pyrénées:


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(détails) A gauche, probablement Jean Matusek


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François, Jean-Pierre, Michel


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De g à d: le guide?, Michel, François, Jean-Pierre