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Brouillon d'une lettre adressée à Bonne Maman par Jean Cordelle le 16/10/36

 

"Rosario 16 octobre 1936

Ma chère Maman
Nous avons bien reçu ta lettre avion de samedi dernier qui nous donne de bonnes nouvelles de tous. Voilà donc tout le monde rentré à Paris et le travail repris. Tu sais déjà que nous avons décidé de laisser pour le moment les enfants enFrance et à Paris , il faut espérer que tout finira par s'arranger.
Les enfants ont dû reprendre leur travail chez Kayser, j'espère qu'ils feront une bonne année et que François pourra passer son bachot sans trop de difficultés; je n'aurais pas beaucoup d'inquiétudes s'ils étaient un peu moins mauvais en français, et il faudra qu'ils fassent tous deux un effort de ce côté. En ce qui concerne l'organisation des jours de congé, je suis opposé au cours de danse et j'ai écrit en ce sens à Mme Hausermann. Pour le tennis, il n'y a pas d'inconvénient à ce qu'ils en fassent partie, mais sans se croire obligé d'y aller toutes les fois, même s'il fait beau; qu'ils aient la possibilité d'en faire quand cela cadrera avec le temps et les autres occupations. Je vois aussi par ta lettre qu'ils sont tout le temps avec les Dupuis, et que c'est peut-être un peu exclusif. Autant je désire qu'ils ne passent pas tous les jeudis et dimanche avec les Dupuis, ceux ci le font évidemment avec beaucoup de gentillesse et bien les en remercier, mais il faut un peu plus de liberté et d'indépendance, et puis tu comprendras certainement comme moi qu'il faut que François et Michel passent une partie de leurs loisirs avec des garçons et puissent sortir avec leurs cousins Chedal; il n'y a donc qu'à arranger cela de façon à partager les jours de congé au mieux, selon les circonstances; cela n'empêchera pas les enfants ou de déjeuner avec toi ou d'aloler te voir à la fin de la journée toutes les fois que tu voudras. A un autre point de vue il est nécessaire aussi qu'ils fassent des promenades à pied et qu'ils ne s'habituent pas à l'auto que Pierre met gentiment à leur disposition.
A Rosario nous allons tous bien et nous commençons à avoir chaud. Nous avons emmené Yves une fois ou deux à la plage de Rosario située à une dizaine de kilomètres; en y allant le samedi après midi ou le dimanche matin, il n'y a personne et cela fait du bien à Yves; il ya sufisamment de sable pour jouer. J'espère que vous allez tous bien et nous t'embrassons bien affectueusement ainsi que tous autour de toi. Jean Cordelle