9 sept. 1907 et 14 sept. 1908, et réponses
4948
(1franc de l'époque vaut 20 francs de 1995)
transcription lettre du 9 juillet 1907
"60 rue de Londres
Paris, le 9 juillet 07
Cher Monsieur Hausermann
Je profite de la situation actuelle des travaux pour vous dire
que nous mettons ici à votre disposition la somme de 100.000F
en compte sur votre participation pour Rosario.
Pour tâcher de rendre notre situation un peu meilleure,
il faudrait essayer de hâter les réglements des dragages
dans le cours des pourparlers engagés.
Votre bien affectueusement dévoué
G.Hersent"
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Note manuscrite de Daddy concernant l'emploi de ces 100.000F:
"Réponse ( à ) ma
lettre du 14 août 1907
50.000 à prendre à Rosario
50.000 à employer en titres à déposer au
Crédit Lyonnais à Paris : si possible 20.000F
oblig. Rosario et le reste en titres d'emprunts Chinois, japonais
ou autres.
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Lettre Nacqueville (des Hersent en résidence d'été
dans leur château de Nacqueville, Manche) 9
sept. 1907
Vous pouvez prélever la moitié de ce que nous avons
convenu de mettre à votre disposition sur la caisse.
Pour le reste, nous vous l'emploierons ici comme vous le demandez.
Pour les obligations Rosario, il y aura peut-être intérêt
à attendre quelques mois l'émission nouvelle, nous
vous ferons ainsi profiter de cours plus avantageux."
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Transcription lettre du 14 sept. 1908
"60 rue de Londres
Paris le 14 7bre 1908
Cher Monsieur Hausermann
Je vous remets inclus un duplicata du reçu de dépot
à votre compte du Crédit Lyonnais des 56 obligations
de la Société du Port du Rosario représentant
à 460F 25.760Francs que vous nous aviez prié
de vous employer dans cette valeur au cours original d'émission.
Etant donné l'avancement des travaux et l'effort important
que vous venez d'apporter à l'achèvement de la
section aval nous vous autorisons à prélever une
somme de 100.000Francs à valoir sur votre part bénéficiaire
soit à Rosario ou ici suivant ce qui vous conviendra le
mieux.
Je profite de l'occasion pour vous charger de me rappeler au bon
souvenir de Madame Hausermann.
Bien cordialement à vous
G.Hersent
Voudriez-vous vous renseigner sur les projets actuels du Port
de Buenos-Aires au sujet desquels on s'occupe déja de l'emprunt
ici à Paris (135 Millions).
J'aimerai bien aussi savoir si le cas échéant où
nous nous interesserions à cette affaire avec Le Creusot,
vous seriez disposé à vous en occuper sur place.
Mais nous pourrions alors rechercher le moyen de vous laisser
prendre quelques congés en Europe."
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Réponse de Daddy du 15 octobre 1908:
" Rosario 15 octobre 1908
Cher Monsieur Hersent
J'ai bien reçu votre lettre du 14 sept. ainsi que le reçu
de dépot au Crédit Lyonnais de 56 obligations..
.................. représentant .....
25.760F. Je vous en remercie et vous suis bien reconnaissant de
l'autorisation que vous me donnez de prélever 100.000F
sur ma part bénéficaiaire.
Le programme que vous m'aviez tracé a été
ponctuellement rempli: la section aval est à l'heure actuelle
complétement achevée à l'exception des chaussées
pour lesquelles nous attendons une décision du Ministère
et les écoulements d'eau qui ne peuvent être que
provisoires.
La Société dispose donc actuellement de tous ses
moyens d'exportation qui sont beaucoup plus puissants que ceux
primitivement prévus surtout en ce qui concerne les voies
ferrées dont l'importance est presque double de celle du
premier projet. Cette situation lui a permis d'attendre au calme
l'heure de la discussion; bien que rien ne soit encore arrété
il faut espérer qu'elle aura gain de cause et que cet assaut
sera le dernier.
Nous avons eu hier la visite du Ministre des Travaux Publics,
accompagné de M.Darquis qui remplace momentanément
M.Lange. Le Ministre s'est montré on ne peut plus aimable
et je crois que cette visite est de nature à activer la
solution des questions pendantes. Elle a pour nous un résultat
immédiat, car l'après midi dans mon bureau le Ministre
a déclaré à M.Darquis que le Gouvernement
admettait le principe des prix nouveaux contrairement à
l'opinion de la Direction des Travaux Hydrauliques et de l'Inspection.
Il m'a de plus prié de commander de suite par télégramme
les rails et appareils de voie conformément au nouveau
projet, étant donné que de l'avis de M.Darquis et
de l'Inspection, les prix proposés par l'Entreprise étaient
parfaitement justifiés.
C'est donc un point acquis et il est important; le montant de
l'augmentation pour les rails et appareils de voie est de 412.000
pesos.
Nous avons ensuite parlé du projet d'augmentation du port.
Le Ministre s'est rendu compte que les estacades et les terre-pleins
que nous avons projeté en aval du port pour les charbons,
les bois et les inflammables devraient être exécutés
de toute urgence, et il a promis de prendre prochainement une
décision favorable.
Nous avons également appelé son attention sur............3
lignes passées......Il a donné des ordres
à M.Darquis pour que cette affaire soit examinée
sans retard... Nul doute que ceci soit également résolu
bientôt.
La journée d'hier a été bonne pour l'Entreprise
et je crois qu'il en sera de même pour la Société
car les céréalistes dont dépend maintenant
la question des tarifs, sont tout prêts d'accepter les propositions
qui leur ont été faites.
Les Pouvoirs Publics complétement acquis aux anglais, et
cela ouvertement, ont lutté jusqu'au bout et hier encore
nous avons eu la preuve qu'ils ont cherché tous les moyens
possibles pour arriver à la résiliation du contrat
de la Société. De nombreuses consultations ont été
demandées au Procureur de la Nation qui s'est déclaré
nettement en faveur de la Société - et a fini par
parler de rancune et de parti pris - Il est donc maintenant plus
que probable que la cause est entendue et la visite d'hier ne
peut que confirmer cette opinion.
J'ai parlé au Ministre de la question de l'augmentation
du port de Buenos-Aires; il m'a dit qu'il comptait mettre
très prochainement cette affaire en licitation sous
forme de concours pour le prix global de 135 Millions de francs.
Il m'a ..........23 lignes
et un croquis passés ......... Il ne reste donc rien
du projet Pagnard que M.Flondrois a envoyé à Paris
par un dernier courrier.
Le Ministre m'a dit que le gouvernement ne donnerait qu'un programme
général laissant aux concurrents la facilité
de faire les modifications qu'ils croiraient devoir faire mais
qu'en tout cas l'emplacement des nouveaux travaux était
irrévocable.
Vous me demandez si au cas où vous vous interesseriez à
cette grosse affaire avec Le Creusot, je serai disposé
à m'en occuper sur place. Je suis assez embarrassé
pour vous répondre d'une façon précise, car
je comptais bien après cette campagne rentrer définitivement
en France en tous cas au moins dans les environs. La santé
de ma femme est toujours précaire et je garde l'espoir
que l'air de France lui serait favorable; puis je ne peux pas
penser à faire de mes enfants des Argentins; l'instruction
de Jean commence à me préoccuper.
Les travaux de Buenos-Aires seront de longue durée, 6 ans
au minimum. Si je ne puis m'engager dès maintenant pour
une si longue durée je puis tout au moins vous promettre
de mettre l'affaire en route et de rester à votre disposition
autant que vous le jugerez utile.
Votre bien affectueusement dévoué
E.Hausermann