Mort de Louis Cordelle à Sidi Bel Abbès
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Extraits de journaux locaux
M. Cordelle, chef de l'exploitation des chemins de fer de
l'Ouest-Algérien vient de mourir. Il succombe à
39 ans, terrassé par le mal implacable, au moment où
sa santé un instant ébranlée, semblait
lui permettre un prochain départ en France pour achever
de se rétablir.
Des voix plus autorisées que la
nôtre diront la haute compétence technique de
M. Cordelle ancien élève de l'école polytechnique,
ancien officier d'artillerie, remarqué dès ses
débuts dans l'administration supérieure des
chemins de fer, distingué par le conseil d'administration
de l'Ouest-Algérien et appelé par lui, voici
près de deux ans, au poste éminent qu'il
occupait.
Mais nous pouvons et nous voulons dire
ici quelle reconnaissante satisfaction lui portent tous les
habitantsde notre région pour les grands progrès
réalisés dans le service des chemins de fer
de l'Ouest-Algèrien.
M. Cordelle comptait à Bel-Abbès
de nombreux amis. Son exacte et constante courtoisie, l'aménité
de son accueil, le charme de sa parole qui laissait deviner
une haute culture intellectuelle jointe à une grande
bonté, tout contribuait à faire naître
chez ceux qui l'approchaient un irrésistible courant
de déférente sympathie.
Chose plus rare peut être, le Chef
de l'exploitation trop tôt disparu, emporte l'estime
respectueuse et l'affection profonde de tous les employés
placés sous ses ordres.
Dès le début, il s'imposa
par des qualités hors de pair de supérieur vraiment
supérieur. Sa netteté de vues, la clarté
et la précision de ses ordres, sa fermeté tranquille
et inébranlable obtinrent vite de provoquer dans le
personnel la plus active émulation. D'autre part, tous
les agents, du plus élevé jusqu'au plus humble,reconnurent
en lui un coeur extrêmement généreux,
attentif à leurs doléances, soucieux même
de deviner et de provoquer toutes les mesures utiles, pour
les satisfaires ou les soulager. Ils savaient que son activité
inlassable, son souci de tout voir par lui même s'accompagnaient
chez lui de la plus solide et de la plus délicate indulgence.
Puisse l'écho des regrets unanimes
que cause cette mort prématurée, parvenir jusqu'à
Mme Cordelle et à ses enfants, jusqu'aux vieux parents
qui pleurent le cher disparu, il n'apportera point sas doute
d'atténuation sensible à leur chagrin, mais
il leur donnera peut-être la triste consolation de sentir
toute la population bel-abbésienne vibrer de la plus
respectueuse sympathie devant une douleur si profonde et si
légitime.
La nouvelle de la mort
de M. Cordelle chef d'exploitation à l'Ouest-Algérien,
a produit en ville une douloureuse émotion. Quoique
depuis peu de temps à Bel-Abbès, M. Cordelle
avait su par la générosité de son caractère,
son affabilité et sa bienveillance, son équité
et sa droiture, gagner l'estime, la confiance, le respect
et l'affection de tous ses subordonnés.
Aussi est-il unanimement regretté
par eux.
A ses qualités privées,
M. Cordelle joignait celles d'un érudit et d'un parfait
administrateur. C'est une perte sensible pour la compagnie
de l'Ouest-Algérien et pour tout le personnel.
Nous nous joignons aux nombreux
amis du défunt pour exprimer à sa veuve et à
sa famille, nos sincères condoléances.
NECROLOGIE
Hier matin, une bien pénible nouvelle a plongé
dans la tristesse une grande partie de la population de Bel
Abbès.
Nous apprenions,
en effet, que Monsieur CORDELLE, Chef de l'Exploitation de
l'Ouest Algérien, qui relevait d'une cruelle maladie
s'était éteint subitement dans la nuit, alors
que sa famille, son personnel et ses amis escomptaient déjà
son rétablissement prochain.
L'homme qui
disparait ainsi à la fleur de l'âge avait ces
qualités morales et intellectuelles qui permettent
à un chef de se faire aimer de ses subordonnés
sans rien trahir de ses obligations professionnelles. Aussi
sa perte sera-t-elle ressentie au même degré
par l'Administration qui lui avait donné une mission
de confiance et par les employés de tous grades qui
travaillaient sous ses ordres éclairés.
M.Cordelle,
ancien élève de l'Ecole Polytechnique, avait
été tour à tour officier d'Artillerie
Coloniale, Inspecteur aux chemins de fer du Nord, Chef de
l'Exploitation aux chemins de fer de la République
Argentine.
Il a fait
un court séjour à l'Ouest Algérien, mais
il y a donné la mesure d'une très haute compétence.
Sa mort sera
déplorée non seulement par le personnel des
chemins de fer, mais encore par le commerce de la région
qui avait trouvé chez lui la plus entière compréhension
de ses intérêts.
Nous prions
Mme Cordelle et ses enfants d'agréer en cette pénible
circonstance l'expression de nos sentiments de condoléances
et de notre respectueuse sympathie.
Puissent
les regrets dont nous nous faisons l'écho atténuer
dans une certaine mesure la douleur que leur cause la perte
cruelle qu'ils viennent de subir.
Les obséques de M.Cordelle, Chef d'Exploitation des
Chemins de fer de l'Ouest Algérien, ont donné
lieu à une sympathique et touchante manifestation de
la part du nombreux personnel placé sous les ordres
du regretté défunt.
Hauts fonctionnaires,
commis, employés, ouvriers, tous ceux en un mot que
le service ne retenait pas, s'étaient groupés
derrière le char funébre pour rendre au chef
estimé et aimé de chacun, le suprême hommage
de reconnaissance et de respect.
Aux membres
de la Compagnie de l'Ouest Algérien s'étaient
joints de hauts fonctionnaires des Chemins de fer de l'Etat
et du P.L.M. venus pour donner au collégue et ami l'ultime
hommage de leur estime et de leur considération.
M.Rouzaud,
directeur des Chemins de fer de l'Etat, retenu à Constantine,
s'était fait représenter par M.Lagrange, chef
du mouvement et de la traction à la même Compagnie,
à Oran.
Assistaient
également aux obséques : MM.Duval, chef du bureau
de la traction aux Chemins de fer del'Etat ; Direz, chef de
section principal et Paulichet, caissier à la même
Compagnie.
Parmi les
hauts fonctionnaires des autres administrations des Chemins
de fer Algériens, nous avons remarqué aussi
MM.Salles, chef de division au P.L.M. à Alger, et Desmolins,
inspecteur principal au P.L.M. ; MM.Scal, directeur de l'O.A.
à Oran ; Barras, chef du bureau technique de la direction
; Lion, chef de la comptabilité, etc.
Le deuil
était conduit par M. Jean Cordelle fils, qui avait
à ses côtés M.Gasc , inspecteur à
l'Ouest Algérien.
Trois draps
mortuaires étaient tenus : l'un par des membres de
l'Association fraternelle des Chemins de fer français,
le deuxième par les commis principaux, le troisième
par des inspecteurs de l'Ouest Algérien et le commandant
Burel.
Les cordons
du poële étaient tenus par MM.Roy, sous-intendant
militaire ; Daunis , ingénieur des Ponts et Chaussées
; Lisbonne, maire ; et Elliker, ingénieur à
l'Ouest Algérien.
Des voitures
surchargées de splendides couronnes, dont quelques-unes
offertes par le personnel de l'O.A. ; le président
et les membres du Conseil d'Administration, le directeur de
cette même Compagnie, par le Syndicat national des Chemins
de fer, par la Compagnie P.L.M., etc., etc.
L'absoute
a été donnée dans l'église Saint-Vincent
par monsieur le chanoine Bessière. Après les
prières lithurgiques, le cortège s'est remis
en marche. Toutes les notabilités et autorités
locales ont accompagné jusqu'à sa dernière
demeure la dépouille mortelle.
Au cimetière,
selon la volonté formelle du défunt, aucun discours
n'a été prononcé, mais la nombreuse assistance
s'est retirée profondément émue de la
mort de cet homme de bien emporté par une inexorable
maladie.
Nous renouvelons
à Mme Vve Cordelle et à sa famille, nos sincères
condoléances.