NECROLOGIE
Hier matin, une bien pénible nouvelle a plongé
dans la tristesse une grande partie de la population de Bel
Abbès.
Nous apprenions,
en effet, que Monsieur CORDELLE, Chef de l'Exploitation de
l'Ouest Algérien, qui relevait d'une cruelle maladie
s'était éteint subitement dans la nuit, alors
que sa famille, son personnel et ses amis escomptaient déjà
son rétablissement prochain.
L'homme qui
disparait ainsi à la fleur de l'âge avait ces
qualités morales et intellectuelles qui permettent
à un chef de se faire aimer de ses subordonnés
sans rien trahir de ses obligations professionnelles. Aussi
sa perte sera-t-elle ressentie au même degré
par l'Administration qui lui avait donné une mission
de confiance et par les employés de tous grades qui
travaillaient sous ses ordres éclairés.
M.Cordelle,
ancien élève de l'Ecole Polytechnique, avait
été tour à tour officier d'Artillerie
Coloniale, Inspecteur aux chemins de fer du Nord, Chef de
l'Exploitation aux chemins de fer de la République
Argentine.
Il a fait
un court séjour à l'Ouest Algérien, mais
il y a donné la mesure d'une très haute compétence.
Sa mort sera
déplorée non seulement par le personnel des
chemins de fer, mais encore par le commerce de la région
qui avait trouvé chez lui la plus entière compréhension
de ses intérêts.
Nous prions
Mme Cordelle et ses enfants d'agréer en cette pénible
circonstance l'expression de nos sentiments de condoléances
et de notre respectueuse sympathie.
Puissent
les regrets dont nous nous faisons l'écho atténuer
dans une certaine mesure la douleur que leur cause la perte
cruelle qu'ils viennent de subir.
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Les obséques de M.Cordelle, Chef d'Exploitation des
Chemins de fer de l'Ouest Algérien, ont donné
lieu à une sympathique et touchante manifestation de
la part du nombreux personnel placé sous les ordres
du regretté défunt.
Hauts fonctionnaires,
commis, employés, ouvriers, tous ceux en un mot que
le service ne retenait pas, s'étaient groupés
derrière le char funébre pour rendre au chef
estimé et aimé de chacun, le suprême hommage
de reconnaissance et de respect.
Aux membres
de la Compagnie de l'Ouest Algérien s'étaient
joints de hauts fonctionnaires des Chemins de fer de l'Etat
et du P.L.M. venus pour donner au collégue et ami l'ultime
hommage de leur estime et de leur considération.
M.Rouzaud,
directeur des Chemins de fer de l'Etat, retenu à Constantine,
s'était fait représenter par M.Lagrange, chef
du mouvement et de la traction à la même Compagnie,
à Oran.
Assistaient
également aux obséques : MM.Duval, chef du bureau
de la traction aux Chemins de fer del'Etat ; Direz, chef de
section principal et Paulichet, caissier à la même
Compagnie.
Parmi les
hauts fonctionnaires des autres administrations des Chemins
de fer Algériens, nous avons remarqué aussi
MM.Salles, chef de division au P.L.M. à Alger, et Desmolins,
inspecteur principal au P.L.M. ; MM.Scal, directeur de l'O.A.
à Oran ; Barras, chef du bureau technique de la direction
; Lion, chef de la comptabilité, etc.
Le deuil
était conduit par M. Jean Cordelle fils, qui avait
à ses côtés M.Gasc , inspecteur à
l'Ouest Algérien.
Trois draps
mortuaires étaient tenus : l'un par des membres de
l'Association fraternelle des Chemins de fer français,
le deuxième par les commis principaux, le troisième
par des inspecteurs de l'Ouest Algérien et le commandant
Burel.
Les cordons
du poële étaient tenus par MM.Roy, sous-intendant
militaire ; Daunis , ingénieur des Ponts et Chaussées
; Lisbonne, maire ; et Elliker, ingénieur à
l'Ouest Algérien.
Des voitures
surchargées de splendides couronnes, dont quelques-unes
offertes par le personnel de l'O.A. ; le président
et les membres du Conseil d'Administration, le directeur de
cette même Compagnie, par le Syndicat national des Chemins
de fer, par la Compagnie P.L.M., etc., etc.
L'absoute
a été donnée dans l'église Saint-Vincent
par monsieur le chanoine Bessière. Après les
prières lithurgiques, le cortège s'est remis
en marche. Toutes les notabilités et autorités
locales ont accompagné jusqu'à sa dernière
demeure la dépouille mortelle.
Au cimetière,
selon la volonté formelle du défunt, aucun discours
n'a été prononcé, mais la nombreuse assistance
s'est retirée profondément émue de la
mort de cet homme de bien emporté par une inexorable
maladie.
Nous renouvelons
à Mme Vve Cordelle et à sa famille, nos sincères
condoléances.
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