1912
Mort de Louis Cordelle à Sidi Bel Abbès


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Extraits de journaux locaux



         M. Cordelle, chef de l'exploitation des chemins de fer de l'Ouest-Algérien vient de mourir. Il succombe à 39 ans, terrassé par le mal implacable, au moment où sa santé un instant ébranlée, semblait lui permettre un prochain départ en France pour achever de se rétablir.
Des voix plus autorisées que la nôtre diront la haute compétence technique de M. Cordelle ancien élève de l'école polytechnique, ancien officier d'artillerie, remarqué dès ses débuts dans l'administration supérieure des chemins de fer, distingué par le conseil d'administration de l'Ouest-Algérien et appelé par lui, voici près de deux ans, au poste éminent qu'il occupait.

Mais nous pouvons et nous voulons dire ici quelle reconnaissante satisfaction lui portent tous les habitantsde notre région pour les grands progrès réalisés dans le service des chemins de fer de l'Ouest-Algèrien.

M. Cordelle comptait à Bel-Abbès de nombreux amis. Son exacte et constante courtoisie, l'aménité de son accueil, le charme de sa parole qui laissait deviner une haute culture intellectuelle jointe à une grande bonté, tout contribuait à faire naître chez ceux qui l'approchaient un irrésistible courant de déférente sympathie.

Chose plus rare peut être, le Chef de l'exploitation trop tôt disparu, emporte l'estime respectueuse et l'affection profonde de tous les employés placés sous ses ordres.

Dès le début, il s'imposa par des qualités hors de pair de supérieur vraiment supérieur. Sa netteté de vues, la clarté et la précision de ses ordres, sa fermeté tranquille et inébranlable obtinrent vite de provoquer dans le personnel la plus active émulation. D'autre part, tous les agents, du plus élevé jusqu'au plus humble,reconnurent en lui un coeur extrêmement généreux, attentif à leurs doléances, soucieux même de deviner et de provoquer toutes les mesures utiles, pour les satisfaires ou les soulager. Ils savaient que son activité inlassable, son souci de tout voir par lui même s'accompagnaient chez lui de la plus solide et de la plus délicate indulgence.

Puisse l'écho des regrets unanimes que cause cette mort prématurée, parvenir jusqu'à Mme Cordelle et à ses enfants, jusqu'aux vieux parents qui pleurent le cher disparu, il n'apportera point sas doute d'atténuation sensible à leur chagrin, mais il leur donnera peut-être la triste consolation de sentir toute la population bel-abbésienne vibrer de la plus respectueuse sympathie devant une douleur si profonde et si légitime.





La nouvelle de la mort de M. Cordelle chef d'exploitation à l'Ouest-Algérien, a produit en ville une douloureuse émotion. Quoique depuis peu de temps à Bel-Abbès, M. Cordelle avait su par la générosité de son caractère, son affabilité et sa bienveillance, son équité et sa droiture, gagner l'estime, la confiance, le respect et l'affection de tous ses subordonnés.
Aussi est-il unanimement regretté par eux.

A ses qualités privées, M. Cordelle joignait celles d'un érudit et d'un parfait administrateur. C'est une perte sensible pour la compagnie de l'Ouest-Algérien et pour tout le personnel.

Nous nous joignons aux nombreux amis du défunt pour exprimer à sa veuve et à sa famille, nos sincères condoléances.

 

 



                          NECROLOGIE

         Hier matin, une bien pénible nouvelle a plongé dans la tristesse une grande partie de la population de Bel Abbès.
         Nous apprenions, en effet, que Monsieur CORDELLE, Chef de l'Exploitation de l'Ouest Algérien, qui relevait d'une cruelle maladie s'était éteint subitement dans la nuit, alors que sa famille, son personnel et ses amis escomptaient déjà son rétablissement prochain.
         L'homme qui disparait ainsi à la fleur de l'âge avait ces qualités morales et intellectuelles qui permettent à un chef de se faire aimer de ses subordonnés sans rien trahir de ses obligations professionnelles. Aussi sa perte sera-t-elle ressentie au même degré par l'Administration qui lui avait donné une mission de confiance et par les employés de tous grades qui travaillaient sous ses ordres éclairés.
         M.Cordelle, ancien élève de l'Ecole Polytechnique, avait été tour à tour officier d'Artillerie Coloniale, Inspecteur aux chemins de fer du Nord, Chef de l'Exploitation aux chemins de  fer de la République Argentine.
         Il a fait un court séjour à l'Ouest Algérien, mais il y a donné la mesure d'une très haute compétence.
         Sa mort sera déplorée non seulement par le personnel des chemins de fer, mais encore par le commerce de la région qui avait trouvé chez lui la plus entière compréhension de ses intérêts.
         Nous prions Mme Cordelle et ses enfants d'agréer en cette pénible circonstance l'expression de nos sentiments de condoléances et de notre respectueuse sympathie.
         Puissent les regrets dont nous nous faisons l'écho atténuer dans une certaine mesure la douleur que leur cause la perte cruelle qu'ils viennent de subir.

 

 

 

 

 

 

 

         Les obséques de M.Cordelle, Chef d'Exploitation des Chemins de fer de l'Ouest Algérien, ont donné lieu à une sympathique et touchante manifestation de la part du nombreux personnel placé sous les ordres du regretté défunt.
         Hauts fonctionnaires, commis, employés, ouvriers, tous ceux en un mot que le service ne retenait pas, s'étaient groupés derrière le char funébre pour rendre au chef estimé et aimé de chacun, le suprême hommage de reconnaissance et de respect.
         Aux membres de la Compagnie de l'Ouest Algérien s'étaient joints de hauts fonctionnaires des Chemins de fer de l'Etat  et du P.L.M. venus pour donner au collégue et ami l'ultime hommage de leur estime et de leur considération.
         M.Rouzaud, directeur des Chemins de fer de l'Etat, retenu à Constantine, s'était fait représenter par M.Lagrange, chef du mouvement et de la traction à la même Compagnie, à Oran.
         Assistaient également aux obséques : MM.Duval, chef du bureau de la traction aux Chemins de fer del'Etat ; Direz, chef de section principal et Paulichet, caissier à la même Compagnie.
         Parmi les hauts fonctionnaires des autres administrations des Chemins de fer Algériens, nous avons remarqué aussi MM.Salles, chef de division au P.L.M. à Alger, et Desmolins, inspecteur principal au P.L.M. ; MM.Scal, directeur de l'O.A. à Oran ; Barras, chef du bureau technique de la direction ; Lion, chef de la comptabilité, etc.
         Le deuil était conduit par M. Jean Cordelle fils, qui avait à ses côtés M.Gasc , inspecteur à l'Ouest Algérien.
         Trois draps mortuaires étaient tenus : l'un par des membres de l'Association fraternelle des Chemins de fer français, le deuxième par les commis principaux, le troisième par des inspecteurs de l'Ouest Algérien et le commandant Burel.
         Les cordons du poële étaient tenus par MM.Roy, sous-intendant militaire ; Daunis , ingénieur des Ponts et Chaussées  ; Lisbonne, maire ; et Elliker, ingénieur à l'Ouest Algérien.
         Des voitures surchargées de splendides couronnes, dont quelques-unes offertes par le personnel de l'O.A. ; le président et les membres du Conseil d'Administration, le directeur de cette même Compagnie, par le Syndicat national des Chemins de fer, par la Compagnie P.L.M., etc., etc.
         L'absoute a été donnée dans l'église Saint-Vincent par monsieur le chanoine Bessière. Après les prières lithurgiques, le cortège s'est remis en marche. Toutes les notabilités et autorités locales ont accompagné jusqu'à sa dernière demeure la dépouille mortelle.
         Au cimetière, selon la volonté formelle du défunt, aucun discours n'a été prononcé, mais la nombreuse assistance s'est retirée profondément émue de la mort de cet homme de bien emporté par une inexorable maladie.
         Nous renouvelons à Mme Vve Cordelle et à sa famille, nos sincères condoléances.

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