Vacances à Gerdes, avec les cousins côté Rougier, 1951

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(détails) La croix indique la maison des Rougier, grande maison, mais sans confort, pas d'eau courante, il fallait aller la chercher très loin.


(détails) Gerdes, où les Rougier avaient hérité vers 1947, d'une maison en indivision (elle a été vendue vers 1952)


(détails) Gerdes 51

(détails) Gerdes 51


(détails) Gerde 1951, Claude et Fanny


(détails) Gerdes 51 Granie et Grand-Père


Gerdes 51, Granie et Claude


Gerdes 51 Claude

Gerdes 51 Claude


(détails) 47 ou 48, Gerdes probablement
Claude aimait assez les chats


Gerdes 1951 , Claude

 

 

 

 

 


avec Françoise Sors à Gerdes, 1951
Françoise Sors est la future épouse du peintre Pollet


Claude avec Françoise Sors à Gerdes, 1951


"Mon cher Papa
Françoise est partie hier à 8h du soir et me voici à nouveau comme un vieux crouton derrière ma malle. Tu penses si nous avons papoté et radoté en rappelant les vieux souvenirs.
La ballade la plus amusante que nous ayons faite est un grand circuit que nous avons fait en autostop, par le Tourmalet, Barèges, Luz et Lourdes.. nous sommes tombées sur des gens charmants et délicieux; une autre fois nous avons été au col d'Aspin avec des anglais - le mari, la femme et les enfants et ça m'a bien amusé de ressortir quelques mots que je savais.
Je ne me rappelle plus tous les détails des "Mains Sales", mais je me souviens que comme pièce elle m'avait enthousiasmé...    évidemment on en ressort un peu sceptique.
Il fait à nouveau un temps magnifique. je vais refaire un peu d'histoire - je n'ai trouvé que Michelet à la bibliothèque municipale comme histoire moderne! -

Lettre écrite de Gerdes par Claude à Grand-Père, vers 1951

Je me suis très bien entendue avec Paulette pendant notre voyage.
Je t'embrasse        Claude
Jean est venu hier et nous avons profité de sa voiture pour faire une excursion jusqu'au lac de Gaube. J'ai trouvé Cauterets charmant et animé. Je t'enverrai des photos


lettre écrite de Gerdes par Claude à Tandrée, en été 1947

"Gerde le 28
Ma chère Tandrée
Me voici dans un autre monde, un autre temps, un autre espace que Sceaux et je m'aperçois que je n'écris guère à ma vieille tante. C'est une honte, quoi qu'il en soit je vais réparer le mal et m'entretenir bien longuement avec elle..
Pendant que tu visitais ou plutôt que tu faisais visiter à des provinciaux la capitale nous avons continué à explorer les Pyrénées. Hier nous avons été à un petit lac, le lac d'Arise. Départ en autocar, la grosse dame se sentait vieille et n'est pas venue. Nous avons fait une bonne grimpette pour monter jusque 2000m au milieu de troupeaux de moutons qui venaient nous lécher les mains, de chevaux qui caracolaient et de vaches qui nous regardaient de travers. Nous avons donc longé une petite vallée ravissante en cueillant des "coprins" chevelus - les meilleurs champignons te dirait Maman - énormes, majestueux et boursouflés dont nous avons remplis 2 sacs et que nous sommes entrain de faire sécher.
Après 3 heures de marche nous sommes arrivés devant une immense flaque d'eau glaciale, par malheur le soleil a eu le mauvais goût de disparaître derrière des nuages qui s'appesantissaient jusque sur nous de telle sorte que, gelés et claquant des dents, nous sommes repartis au triple galop après avoir déjeuné. Nous avons repris nos bicyclettes que nous avions fait enregister au village, et sans un coup de pédale nous sommes arrivés à Gerde.
Après demain nous irons au pic du midi puis un autre jour à Gavarnie. Tu vois ma chère Tandrée que nous ne laissons pas nos jambes inactives. Tu me dis que les raies ne se feront peut-être plus en 1948? me voici très inquiéte. Les grands modèles d'hiver sont-ils sortis et comment sont-ils? Je te remercie d'autre part pour toutes les corvées que tu as eu la gentillesse de faire.
Fanny me pousse vers Sciences Po, le mieux est que j'aille voir Mlle X fille de l'amie de Livragne.
Jean le mari de Paulette me conseillerait plutôt géographie, il voit des tas de débouchés (qu'il dit) dans des services géographiques et linographiques
(?) économiques etc.. après tout ce serait moins rasoir que d'entrer dans le professorat. De toutes façons je repasserai place St Michel.
Paulette est partie à Argueil, elle est ravie et se voit engraisser à vue d'oeil. Tante Lucie est toujours dure d'oreille, elle est très bavarde et très gaie, mais se fait de la bile pour une mouche écrasée. Grand-mère est parfois désespérée de cette immobilité dans laquelle elle est confinée depuis plus d'un mois et qui ne semble pas prêt de prendre fin. L'absence de mouvement lui donne mal partout et elle a des tas de petites misères. On la lève toujours de 4h à 6h en l'installant dans un fauteuil et je me demande si ces déplacements même brefs sont bien fameux pour le recollage des fractures.
Fanny travaille toujours comme un zébre. Nous engraissons toutes les deux.. Je suis même rouge. Est ce un coup de soleil permanent, je n'en sais rien! Je grandis aussi, bientôt je dépasserai Papa.
Lundi je vais chercher un film que j'ai donné à développer, je t'aurais déjà envoyé de multiples photos si le premier film avait été bon: mais le tirage a révélé qu'aucune pellicule n'était bonne. Le film avait dû prendre le jour quand il avait été posé et reposé à Sceaux.
Je vais ici terminer ce bavardage et aller me baigner. Je vous embrasse donc de tout coeur chère Tandrée et chère Bonne-Maman en vous disant à bientôt         Claude
PS   Nous rentrerons sans doute vers le 20.

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